Une brise fraîche soulève les rideaux, les oiseaux chantent, les grillons de la nuit viennent de se taire, le coq nous réveille… Aujourd’hui, c’est dimanche, pas d’inquiétude, le soleil se lève de l’autre côté du volcan, et la mer prend une couleur rose avant de laisser place au ciel bleu des Caraïbes… Oh, attendez, c’est de la pluie que j’entends… « Eh bien, vous vivez sur ce rocher vert au milieu de la mer… pourquoi croyez-vous qu’on appelle ça une forêt tropicale ! » Quoi qu’il en soit, il fait chaud et il pleut un peu, mais qu’importe ! C’est dimanche !
Quelques amis ont décidé qu’il était temps de se mélanger et de découvrir davantage les traditions et la culture locales, alors, juste après le petit-déjeuner, nous sommes partis pour le village voisin de Chateaubelair (plus communément appelé Chatô), plus précisément pour un service religieux ! Dans nos plus beaux vêtements, nous avons commencé notre marche d’échauffement avant l’office ! 50 minutes jusqu’à Chato si nous n’avons pas de chauffeur ! Mais nous sommes très déterminés et Dieu est heureux de nous voir aller à l’église, alors il nous envoie un camion de sable !
(Le camion de sable est exactement ce qu’il est : plein de sable ! L’extraction de sable est l’une des activités pratiquées sur la plage de Richmond. Les gens gagnent leur vie en vendant du sable aux chantiers de construction).
Nous voilà donc dans nos robes du dimanche, grimpant à l’arrière du camion sur un gros tas de sable… en route pour Chato, nous tenant aux rambardes et les uns aux autres, les cheveux au vent, heureux comme des fous ! C’est ça la liberté ! Aucun d’entre nous ne pourrait faire une telle chose là d’où nous venons, les camions de sable n’existent pas, ils ne s’arrêteraient jamais pour prendre 4 dames marchant dans leurs vêtements d’église, et nous n’aurions même pas le droit de monter à l’arrière de toute façon (nous n’envisagerions même pas de monter à l’arrière non plus, je suppose !)
Il nous faut moins de 30 minutes pour nous rendre à l’église, alors nous sommes plutôt contents ! Il faut savoir qu’il doit y avoir au moins 6 à 8 églises dans la grande région de Chato (qui compte environ 3000 habitants !), mais mes amis ont fait leurs devoirs et en ont trouvé une qui commence plus tard que 7 heures du matin, avec des instruments et beaucoup de chants.
Une église n’a pas besoin d’être un bâtiment avec des tours et toutes sortes de statues dorées, de gargouilles et de peintures du 16e siècle. Tant qu’elle a un toit, quelques portes, beaucoup de ventilateurs (oui, il peut faire très chaud sous le toit en métal !) et quelques chaises, vous avez une église !
Pas de superflu, juste de la simplicité ! Les couleurs et la beauté proviennent des personnes qui entrent et sortent à leur guise pendant le service. Les femmes sont particulièrement remarquables. Elles portent de magnifiques robes, souvent faites à la main, car beaucoup d’entre elles sont d’habiles tailleurs, avec des bandeaux assortis sur leurs cheveux artistiquement tressés. Et de nombreux enfants portent des tenues assorties ! Quel spectacle !
Nous voilà donc, 4 dames blanches (deux chrétiennes, une musulmane et une athée !), entrant discrètement et trouvant une place cachée au fond de l’église. Mais à la seconde où le prédicateur nous aperçoit, il nous dit : « et bienvenue aux dames de Richmond Vale : « et bienvenue aux dames de Richmond Vale, merci de nous rendre visite, Jésus vous aime ! » et la foule nous regarde : « Oui ! JESUS VOUS AIME ! »… ok, tant pis pour l’incognito !
D’après ce que je sais, le service commence à 9h30… il est 10h30 quand nous entrons, mais tout le monde s’en fiche, ce n’est pas le type d’église auquel nous sommes habitués ! Tout le monde entre et sort tout le temps, les gens crient ‘Amen’ ou ‘Halleluja’ en réponse aux paroles du prédicateur, et c’est juste un joyeux chaos organisé !


Peu après que nous nous soyons installés dans nos sièges et que nous ayons récupéré de notre première introduction à l’assemblée, la musique commence. Le rythme est entraînant, les gens commencent à se lever et à chanter avec nous, très fort… pas toujours au diapason, mais le plus souvent avec beaucoup de cœur et de joie !
On peut dire que les gens aiment cet endroit, c’est un espace ouvert où l’on se laisse aller et où l’on donne de l’amour à tout le monde. Les gens parlent, crient, chantent, rient, pleurent, les enfants se promènent, jouent, dansent, dessinent, dorment… Le pasteur et les autres prédicateurs parlent beaucoup, ou plutôt crient ! Ils utilisent le dialecte de Vincy, aussi appelé broken English, et ce n’est pas toujours facile à suivre, mais le message est assez clair : Répandez l’amour de Dieu et de Jésus, prier ne sert à rien si vous ne travaillez pas pour ce que vous demandez, Souriez plus (même si vous devez faire semblant !), Encouragez-vous et soutenez toujours les autres.C’est la première fois que je ressens le message si profondément dans mon cœur, toutes les choses que j’avais besoin d’entendre aujourd’hui ont été dites… C’est drôle, comme l’Univers conspire à délivrer ses messages au moment où vous avez le plus besoin de les entendre !
Notre expérience de l’Église a duré environ 2 heures et demie, elle a été joyeuse, bruyante, excitante, drôle, maladroite, inconfortable… mais surtout très heureuse et nous en sommes tous ressortis pleins d’énergie et prêts pour de nombreuses autres aventures ! Les gens étaient très heureux de partager leur culture et leurs traditions avec nous et nous sommes maintenant riches de nombreux amis, surtout des petits !
Lien vers l’article original : https://the-firefly-with-a-travelbug.com/vincy-sunday/

